Un céréalier passionné de faune sauvage
Céréalier et producteur de cultures industrielles dans la Marne, François Mercier a réalisé de nombreux aménagements favorables à la biodiversité sur son exploitation. Il en constate les effets positifs et aimerait faire des émules.
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À Saint-Martin-sur-le-Pré, dans la Marne, François Mercier est à la tête de la Ferme de Bellecroix. Si l’assolement de son exploitation de 200 ha, composé en grande partie de céréales, betteraves sucrières et luzerne, est typique de son secteur, les aménagements qui cohabitent avec ses cultures le sont beaucoup moins.
« J’ai une passion dévorante pour les oiseaux »
« Depuis toujours, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai une passion dévorante pour les oiseaux », aime-t-il à rappeler. Un volatile plus que les autres l’anime particulièrement : la perdrix grise, galliforme emblématique des plaines champenoises.
« C’est le fil rouge de tous les aménagements favorables à la biodiversité réalisés sur mon parcellaire », insiste-t-il avec panache. Haies, buissons, bandes enherbées et bandes fleuries sont implantés ici et là pour permettre à la faune de trouver un abri, de la nourriture ou encore des conditions favorables à sa reproduction.
Un livre sur la perdrix grise
L’attachement à cette espèce trouve ses racines dans l’affection que voue le céréalier à la chasse. « On entend souvent qu’il n’y a plus de petit gibier dans la plaine. Je constate qu’avec ces installations, il est bien présent. » Les comptages opérés par François l’attestent. « En 2024, j’ai dénombré quarante et un couples aux cent hectares, sans agrainage ni piégeage », explique-t-il fièrement.
À l’heure où la biodiversité est mise à mal, l’exploitant souhaite démontrer que tout n’est pas fichu. Et pour que sa pratique donne des idées à d’autres, il a rédigé l’ouvrage Des perdrix facilement (1). Un manuel de soixante-treize pages ponctuées de schémas où il détaille avec un trait d’humour comment sauver cette espèce. « Les agriculteurs doivent comprendre qu’ils tirent leur revenu d’un milieu qui doit être préservé et qu’eux seuls ont les commandes en main », souligne-t-il.
Récompensé par deux fois cette année
La vision de François est dans la continuité de celle de son père, qui avait commencé à mettre en place des infrastructures favorables à l’environnement. Un héritage familial que le quinquagénaire compte bien perpétuer et qui a été récompensé par deux fois cette année.
Le dynamique céréalier a reçu en février le prix « Démarche écoresponsable » aux Étoiles de l’agriculture, événement organisé par la profession agricole de la Marne, des Ardennes et de l’Aisne, et il a obtenu le label européen Territoires de faune sauvage (2), en mai dernier.
(1) www.alabillebaude.fr/perdrix-facillement.html
(2) Développé par la Fondation François Sommer, la Fédération nationale des chasseurs et l’Office français de la biodiversité. Renseignements : territoiresdefaunesauvage.com
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